Ce livre se veut francophone, sans souci de frontières. On privilégie les informations concernant l’ensemble de la Francophonie, plutôt que celles provenant d’un pays donné. Tout en accordant une large place à la communauté anglophone, pour des raisons évidentes, l’internet ayant débuté en Amérique du Nord avant de s’étendre au monde entier. On n’oublie pas non plus le grand pôle technologique qu’est l’Asie. Nombreuses sont les informations concernant l’ensemble de la planète, l’internet n’ayant pas de frontières.
Autre originalité du présent livre, la quasi-totalité des informations émane de l’internet. Les premiers sites sont «épluchés» directement sur le web dès ses débuts, à l’époque où il est encore embryonnaire. Le travail se poursuit au fil des ans, en suivant l’actualité sur la vaste encyclopédie que devient le web. Les entretiens sont conduits via l’internet après avoir trouvé les courriels des personnes concernées sur leurs sites respectifs. Les échanges se poursuivent d’année en année, à distance et en personne. La totalité des entretiens, études, enquêtes et analyses est disponible en ligne sur le Net des études françaises (www.etudes-francaises.net/entretiens/), basé à l’Université de Toronto (Canada).
3. LE PROJET GUTENBERG
[3.1. De 1971 à 2006 / Un pari sur 35 ans / Gestation puis persévérance / De dix à mille livres / De mille à dix mille livres / De dix mille à vingt mille livres // 3.2. La méthode adoptée // 3.3. La correction partagée // 3.4. Des collections multilingues // 3.5. Du passé vers l’avenir // 3.6. Chronologie]
Si le livre imprimé a cinq siècles et demi, le livre numérique a tout juste 35 ans. Il est né avec le Projet Gutenberg, créé en juillet 1971 par Michael Hart pour diffuser gratuitement sous forme électronique les oeuvres littéraires du domaine public. Site pionnier à tous égards, le Projet Gutenberg est à la fois le premier site d’information sur un réseau encore embryonnaire et la première bibliothèque numérique. Longtemps considéré par ses détracteurs comme totalement irréaliste, le Projet Gutenberg compte 20.000 titres en décembre 2006, avec des dizaines de milliers de téléchargements quotidiens. A ce jour, personne n’a fait mieux pour mettre les classiques de la littérature mondiale à la disposition de tous, ni pour créer à moindres frais un immense réseau de volontaires de par le monde, sans gâchis de compétences ni d’énergie.
3.1. De 1971 à 2006
= Un pari sur 35 ans
Les vingt premières années, Michael Hart numérise lui-même les cent premiers livres, avec l’aide occasionnelle de telle ou telle personne. Lorsque l’utilisation du web se généralise au milieu des années 1990, le projet trouve un second souffle et un rayonnement international. Tout en continuant de numériser des livres, Michael Hart coordonne désormais le travail de dizaines puis de centaines de volontaires de par le monde. Les collections atteignent 1.000 livres en août 1997, 2.000 livres en mai 1999, 3.000 livres en décembre 2000 et 4.000 livres en octobre 2001.
Trente ans après ses débuts, le Projet Gutenberg fonctionne à plein régime. La barre des 5.000 livres est franchie en avril 2002, celle des 10.000 livres en octobre 2003, celle des 15.000 livres en janvier 2005 et celle des 20.000 livres en décembre 2006. Avec 360 nouveaux livres par mois, 38 sites miroirs dans de nombreux pays, plusieurs dizaines de milliers de téléchargements par jour et des milliers de volontaires toutes équipes confondues.
Qu’ils aient été numérisés il y a trente ans ou qu’ils soient numérisés maintenant, tous les livres sont numérisés en mode texte, en utilisant l’ASCII (American standard code for information interchange) original sur sept bits, avec des règles précises pour le formatage. Grâce à quoi les textes peuvent être lus sans problème quels que soient la machine, la plateforme et le logiciel utilisés, y compris sur un PDA ou sur une tablette de lecture. Libre ensuite à chacun de convertir les livres dans d'autres formats, après avoir vérifié que les oeuvres sont également du domaine public dans le pays concerné.