= Autres initiatives

Tout comme l'équipe d'E Ink, des chercheurs du Palo Alto Research Center (PARC), le centre Xerox de la Silicon Valley, travaillent depuis 1997 à la mise au point d’une technique d’affichage dénommée gyricon. Le procédé est un peu différent de celui d’E Ink. Très schématiquement, la technologie est la suivante: prises entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-alvéoles contiennent des microbilles bicolores en suspension dans un liquide clair. Chaque bille est pourvue d’une charge électrique. Cette fois, c’est une impulsion électrique extérieure qui permet la rotation des billes, et donc le changement de couleur, permettant ainsi d’afficher, de modifier ou d’effacer les données. Intitulé SmartPaper, le matériau correspondant serait produit en rouleaux, tout comme le papier traditionnel. La société Gyricon Media est créée en décembre 2000 pour commercialiser cette technologie. Le marché pressenti est d’abord celui de l’affichage commercial, qui utilise le système SmartSign, développé en complément du SmartPaper. La vente d’affichettes fonctionnant sur piles débute en 2004. Sont prévus ensuite les panneaux de signalisation, puis le papier électronique et le journal électronique. La société cesse ses activités en 2005. Les activités de développement se poursuivent ensuite au sein de Xerox.

Un autre acteur d'importance est Nemoptic. Créée en 1999 en région parisienne par Alain Boissier et une équipe du CNRS, la société Nemoptic développe et produit des écrans à cristaux liquides (écrans LCD) bistables pour des applications mobiles destinées au grand public et aux professionnels. Comme indiqué sur le site web, «ces écrans fins et légers permettent d’obtenir des images de haute résolution très contrastées et présentent un confort de lecture équivalent au papier imprimé. La technologie de rupture BiNem® (Bistable Nematic) de Nemoptic peut s’appliquer à de nombreux produits portables, comme les livres éducatifs électroniques, les dictionnaires et journaux électroniques, les PC ultra-portables, les téléphones portables, les jouets ainsi que les étiquettes électroniques. Les écrans de Nemoptic possèdent plusieurs avantages : haute résolution, consommation d’énergie nulle en état de veille, rapidité d’affichage et faible coût. Les écrans Nemoptic sont déclinables en version noir et blanc ou couleurs (jusqu’à 32.000).»

La compétition risque d’être rude sur un marché qui s’annonce très prometteur. Reste à voir quels seront les modèles qui seront retenus par l'usager parce que solides, légers, économiques et procurant un véritable «confort de lecture», sans oublier l'aspect esthétique et les possibilités de lecture en 3 D.

«On progresse», écrit en janvier 2007 Jean-Paul, webmestre du site hypermédia cotres.net. «Les PDA et autres baladeurs multimédia ont formé le public à manipuler des écrans tactiles de dimension individuelle (par opposition aux bornes publiques de circulation et autres tirettes-à-sous). L’hypermédia est maintenant une évidence. Il ne reste plus qu’à laisser se bousculer les ingénieurs et les marketteurs pour voir sortir un objet rentable, léger, attirant, peu fragile, occupant au mieux l’espace qui sépare les deux mains d’un terrien assis dans le bus ou sur sa lunette WC : la surface d’une feuille A4 en format italien, soit ± 800x600 pixels. Bien sûr, ce que montrera cette surface ne sera pas en 2 D mais en 3 D. Comme les GPS prochaine génération, ou les écrans de visée sur le cockpit d’un A-Win.»

10.5. Chronologie

* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.

1984: Psion Organiser, vétéran des agendas électroniques.

1986: Premier dictionnaire sur machine de poche, par Franklin.

1996 (mars): Palm Pilot, premier assistant personnel (PDA).