1997: DICTIONNAIRES EN LIGNE

[Résumé]

La société de traduction Logos décide en 1997 de mettre le Logos Dictionary et tous ses outils professionnels en accès libre sur le web. Dans les années qui suivent, les dictionnaires en ligne sont soit en accès libre comme le Grand dictionnaire terminologique (GDT) de l’Office québécois de la langue française (OQLF), soit disponibles moyennant une inscription gratuite ou payante. Nombre de dictionnaires sont également disponibles sur CD-ROM (compact disc - read only memory) ou sur DVD (digital versatile disc), parallèlement à la version en ligne. En accès libre sur le site de l’ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française), Dictionnaires est une collection de dictionnaires informatisés anciens et récents, qui comprend notamment le TLFi (Trésor de la langue française informatisé, 1971-1994). Des dictionnaires gratuits écrits collectivement utilisent la forme du wiki, par exemple le dictionnaire multilingue Wiktionary, lancé en 2002 par la Wikipedia Foundation. Le portail yourDictionary.com répertorie 3.500 dictionnaires et grammaires dans 300 langues en avril 2007.

[En détail]

Fondé en 1979 à Modène (Italie) par Rodrigo Vergara, Logos est une société de traduction offrant des services dans 35 langues en 1997, avec 300 traducteurs travaillant sur place et un réseau mondial de 2.500 traducteurs travaillant en free-lance. Logos traduit en moyenne 200 textes par jour.

Initiative peu courante à l’époque, Logos décide de mettre tous ses outils professionnels en accès libre sur le web. Dans un entretien publié dans le quotidien Le Monde du 7 décembre 1997, Rodrigo Vergara relate: "Nous voulions que nos traducteurs aient tous accès aux mêmes outils de traduction. Nous les avons donc mis à leur disposition sur internet, et tant qu’à faire nous avons ouvert le site au public. Cela nous a rendus très populaires, nous a fait beaucoup de publicité. L’opération a drainé vers nous de nombreux clients, mais aussi nous a permis d’étoffer notre réseau de traducteurs grâce aux contacts établis à la suite de cette initiative."

Les outils de traduction disponibles sur le web comprennent un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d’entrées (Logos Dictionary), une base de données de 553 glossaires (Linguistic Resources), des tables de conjugaison en 17 langues (Conjugation of Verbs), et enfin la Wordtheque, une base de données multilingue de 328 millions de termes issus de traductions de romans et documents techniques. La recherche dans la Wordtheque est possible par langue, mot, auteur ou titre. En 2007, la Wordtheque, devenue la Logos Library, comprend 710 millions de termes, Conjugation of Verbs, devenu l’Universal Conjugator, propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues, et Linguistic Resources offre un point d’accès unique pour 1.215 glossaires.

Quand Logos met ses outils en accès libre en 1997, il ouvre la voie à d'autres initiatives.

Le premier dictionnaire de langue française en accès libre est le Dictionnaire universel francophone en ligne, qui répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions tout en présentant "sur un pied d’égalité, le français dit "standard" et les mots et expressions en français tel qu’on le parle sur les cinq continents". Issu de la collaboration entre Hachette et l’AUPELF-UREF (devenu depuis l’AUF - Agence universitaire de la francophonie), il correspond à la partie "noms communs" du dictionnaire imprimé disponible chez Hachette. L’équivalent pour la langue anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accès au Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

En mars 2000, les 20 volumes de l’Oxford English Dictionary sont mis en ligne par l’Oxford University Press (OUP). La consultation du site est payante. Le dictionnaire bénéficie d’une mise à jour trimestrielle d’environ 1.000 entrées nouvelles ou révisées. Deux ans après cette première expérience, en mars 2002, l’Oxford University Press met en ligne l’Oxford Reference Online, une vaste encyclopédie conçue directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement payant. Avec 60.000 pages et un million d’entrées, elle représente l’équivalent d’une centaine d’ouvrages de référence.