Une définition officielle de l'internet est entérinée en octobre 1995 aux Etats-Unis par une résolution du Federal Networking Council (FNC), en consultation avec les différentes communautés d'internautes et les organismes défendant la propriété intellectuelle. L'internet est défini comme un système d'information global obéissant aux trois caractéristiques suivantes: (a) des adresses d'un type unique basées sur le protocole IP (internet protocol) ou ses extensions, (b) des communications utilisant le TCP/IP (transmission control protocol/internet protocol), ses extensions ou des protocoles compatibles, (c) la mise à disposition de services publics ou privés à partir de ces infrastructures.
C'est le web qui rend l'internet très populaire et qui permet sa gigantesque progression. Directeur de l'Internet Activities Board (IAB), Christian Huitema explique que le World Wide Web «repose sur trois idées principales, la navigation par "hypertexte", le support du multimédia, et l'intégration des services préexistants».
Plus communément appelé web, Web, WWW ou W3, le World Wide Web est créé par Tim Berners-Lee en 1989-1990 au CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève, en Suisse. Le web révolutionne la consultation de l'internet en permettant la publication de documents au moyen du système hypertexte, à savoir un ensemble de liens hypertextes permettant de passer d'un document textuel ou visuel à l'autre au moyen d'un simple clic de souris. Devenue véritablement interactive, l'information devient soudain beaucoup plus attractive.
Un site web est le plus souvent formé d'un ensemble de pages-écran reliées entre elles par des liens hypertextes, qui sont en général soulignés et d'une couleur différente de celle du texte. Grâce à un simple clic, l'utilisateur est renvoyé soit à une autre partie du document, soit à un autre document du site, soit à un autre site. Cette interactivité est ensuite encore accrue par la possibilité de liens hypermédia permettant de lier des textes et des images avec des graphiques, vidéos ou bandes sonores.
Comme on le voit, le web est très postérieur à l'internet, réseau informatique global mis sur pied en 1974 et connectant universités et centres de recherche depuis 1983. Et même si, improprement, on les considère souvent comme synonymes, le web n'est qu'un des aspects de l'internet, qui englobe plusieurs autres services: courriel, gopher, telnet (terminal network protocol), FTP (file transfer protocol), IRC (internet relay chat), forums de discussion, messagerie instantanée, visioconférence, téléphonie sur IP (internet protocol), etc.
Le web bénéficie logiquement de l'infrastructure internet, particulièrement aux Etats-Unis et au Canada. A la question posée en décembre 1997 par Pierre Ruetschi, journaliste à la Tribune de Genève, un quotidien suisse: «Pourquoi l'Europe a-t-elle accumulé un tel retard sur les Etats-Unis en matière de présence et de développement sur l'internet?», Tim Berners-Lee répond en expliquant l'avance des Etats- Unis par les énormes investissements faits par l'État. Il insiste aussi sur l'avance technologique de l'Europe dans plusieurs domaines: minitel, cartes à puce, téléphones cellulaires, etc.
On se plaint souvent de l'hégémonie américaine alors que il s'agit surtout d'une avance technique. Malgré tous les efforts des «dynosaures» politiques et commerciaux, il est impossible à quelque pays ou à quelque communauté que ce soit de «mettre la main» sur le web, ou du moins de le contrôler totalement.
Développé par le NSCA (National Center for Supercomputing Applications) à l'Université d'Illinois et distribué gratuitement à partir de novembre 1993, Mosaic est le premier logiciel de navigation destiné au grand public et contribue largement au développement rapide du web. Début 1994, une partie de l'équipe de Mosaic émigre dans la Netscape Communications Corporation pour commercialiser son logiciel sous le nom de Nescape Navigator. En 1995, pour concurrencer le Netscape Navigator, Microsoft crée l'Internet Explorer. Viennent ensuite d'autres navigateurs, comme Opera ou Safari.
Deux étudiants de l'Université de Stanford (Californie), Jerry Lang et David Filo, lancent en janvier 1994 l'annuaire Yahoo! pour recenser les sites web et les classer par thèmes. L'annuaire est un succès, avec un classement plus pointu que celui de moteurs de recherche comme AltaVista, où ces tâches sont entièrement automatisées. Divisé en 63 grandes catégories (en 1998), Yahoo! offre une interface en plusieurs langues: anglais, allemand, coréen, français, japonais, norvégien et suédois. Yahoo! travaille d'ailleurs de concert avec AltaVista. Quand une recherche ne donne pas de résultat dans l'un, elle est automatiquement aiguillée sur l'autre.
En décembre 1997, AltaVista propose AltaVista Translation, un service de traduction automatisée de l'anglais vers les langues suivantes: allemand, espagnol, français, italien et portugais, et vice versa. Bien qu'ayant ses limites, avec une traduction de trois pages maximum et un texte traduit très approximatif, ce service est immédiatement très apprécié. De plus, il ouvre la voie à d'autres services du même genre et contribue grandement au plurilinguisme du web.