MM. Daniaud-Dupérat et le chevalier Piet de Beaurepaire, âgés de dix-huit ans, célèbres à l'armée par leur bravoure, devinrent deux de nos meilleurs officiers. M. Herbold avait étudié pour être prêtre, mais n'était point dans les ordres; on l'avait mis par force dans un bataillon: ses vertus, sa piété, sa modestie, son zèle et son courage, le rendirent cher à tous les Vendéens. M. de Beauvolliers l'aîné, frère du chevalier, était un homme actif et zélé; il était surtout excellent pour tout ce qui demandait de l'ordre et du soin.

MM. de la Marsonnière et de Sanglier, également dévoués, étaient âgés; ils se mirent dans l'artillerie, et le premier rendit souvent de grands services.

Le chevalier de Mondyon, qui était un enfant de quatorze ans, se joignit aussi à l'armée. Il arrivait de Paris où il s'était échappé de sa pension, et avait fabriqué un faux passe-port pour venir, dans la Vendée, se battre pour le roi. Il avait une figure charmante, un courage ardent et beaucoup de vivacité dans l'esprit.

M. de Langerie était plus jeune encore; il n'avait pas treize ans. On ne voulait pas d'abord lui laisser prendre une part active à la guerre; mais on ne put l'en empêcher. A la première affaire, il eut un cheval tué sous lui; on le fit alors aide-de-camp du chevalier de ***, qui commandait Châtillon; il déserta de ce poste où il n'avait rien à faire; il se procura un cheval, et revint à l'armée.

M. Renou était arrivé de Loudun avant la bataille de Thouars; il s'y distingua par la plus rare valeur, comme à toutes les affaires qui ont eu lieu depuis; il avait environ trente ans.

Après avoir passé deux jours à Thouars, on marcha sur Parthenay: les républicains l'avaient évacué. Le chevalier de Marsanges, émigré, et cinq dragons, ses camarades, quittèrent l'armée républicaine et arrivèrent ce jour-là dans la nôtre. Les généraux voyaient toujours ces déserteurs avec plaisir; les paysans avaient de grandes défiances, et s'imaginaient que les transfuges étaient des espions.

On se dirigea ensuite sur la Châtaigneraie. La ville était défendue par trois ou quatre mille républicains: ce fut là que tous les nouveaux Vendéens eurent leurs preuves à faire. M. de Lescure, pour essayer M. de Beaugé, le mit à la tête de deux cents paysans, dans un poste difficile à garder; il parvint à s'y maintenir avec beaucoup de courage et de sang-froid. Le petit chevalier de Mondyon fut blessé, ainsi que le chevalier de Beauvolliers et M. Dupérat. Les six dragons qui avaient rejoint à Parthenay, et qui avaient vu la défiance des Vendéens, voulurent la dissiper; ils combattirent avec une témérité extraordinaire: il y en eut un de tué; alors les paysans se mirent à crier: «Assez, dragons, assez; vous êtes de braves gens.»

La Châtaigneraie fut emportée après quelque résistance; M. de Bonchamps y entra le premier. Les conseils de mon père contribuèrent beaucoup à ce succès.

Il y avait déjà plusieurs jours que les paysans étaient sous les armes; ils avaient une grande envie de retourner chez eux; on ne pouvait plus les retenir; ils commirent quelques désordres à la Châtaigneraie. Le lendemain, 16 mai, il ne s'en trouva plus que sept mille; à grand peine on en rassembla trois mille de plus, et l'on alla attaquer Fontenay.

MM. de Lescure et de La Rochejaquelein commandaient l'aile gauche; ils eurent d'abord de l'avantage, et parvinrent dans les faubourgs de la ville après avoir repoussé les républicains: mais pendant ce temps-là l'aile droite et le centre furent mis en pleine déroute. Les paysans étaient découragés; les dispositions furent mal faites; on entassa l'artillerie dans un chemin où elle ne put être d'aucun avantage; M. d'Elbée fut blessé à la cuisse; M. de la Marsonnière fut enveloppé et pris avec plus de deux cents hommes: on crut que tout était perdu. Cependant MM. de Lescure et de La Rochejaquelein parvinrent à n'être point coupés; ils firent leur retraite en bon ordre et sauvèrent même leurs canons[7].