La compagnie des grenadiers à cheval, conformément à l'ordonnance de son rétablissement, du 15 juillet 1814, avait deux étendards semblables à celui de l'ancienne compagnie: ils portaient, d'un côté, les armes de Votre Majesté; de l'autre, une grenade éclatante, avec la devise, Undiquè terror, undiquè lethum.

Ils nous rappelaient à la fois et notre amour et nos devoirs. Si ces étendards avaient été bénis, sans doute ils devraient être déposés dans un des temples de la religion; mais comme ils ne l'avaient point encore été, nous osons demander à Votre Majesté qu'ils soient déposés dans un temple de l'honneur, en étant, par ses ordres, confiés à l'illustre famille de La Rochejaquelein. Nous disons confiés, car ne nous serait-il pas permis encore d'espérer qu'il pourrait, par la suite, convenir à Votre Majesté, qui a conservé ses fidèles gardes-du-corps, de rétablir de nouveau sa compagnie de grenadiers à cheval, qui lui a donné aussi de si grandes preuves de dévouement et de fidélité, et dont la principale destination avait toujours été de leur servir d'avant-garde?

Alors quel serait le bonheur de tous ceux qui auraient celui d'être rappelés pour en faire partie, de retrouver à la fois dans la maison du héros qui les avait commandés, et leurs étendards, et un autre La Rochejaquelein pour les guider dans le chemin de la gloire et de l'honneur!

Je suis, etc. _Signé le comte de Gibon,

_Maréchal-de-camp,
Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis,
Chef d'escadron de l'ancienne compagnie des Grenadiers à cheval.»

Paris, le 25 octobre 1816.

MINISTÈRE DE LA MAISON DU ROI.

_Paris, le 12 novembre 1816.

«Le Roi, Monsieur le Comte, vous autorise à remettre les étendards de l'ancienne compagnie des grenadiers à cheval à la famille de feu M. le marquis de La Rochejaquelein. Ils ne peuvent être confiés à des mains plus dignes de garder les enseignes qui devaient servir de guides au courage et à la fidélité.

Recevez, Monsieur le Comte, l'assurance de ma considération distinguée, etc.