»Que vous ne pensiez pas que nous pouvions venir si près du jour de l'an et que vous avez mis les ouvriers chez vous... Que vous en avez été désolée, car cela pouvait faire croire que vous ne nous étiez plus dévoués, quand c'était le contraire, mais que, justement, la seule chambre bonne n'avait plus ni plancher, ni plafond, etc..., mais que, maintenant, vous nous attendiez avec espoir et bonheur, etc., etc...»
»Dieu! Ce qu'il m'en a coûté de faire cela et de ne pas partir! Je vous le dirai mieux de vive voix, ma bonne Meunière. Mais, encore une fois, quitter Paris à l'heure présente était une grosse et terrible imprudence pour lui, et lui-même commence peut-être à le reconnaìtre, car, hier, il me disait:
«Enfin, cela vaut peut-être mieux que notre Meunière n'ait pas pu nous recevoir.»
»Vous m'avez aidée à participer au grand succès sur lequel nous comptons et sommes sûrs pour le 27... Mais ne parlez pas de tout cela dans votre réponse... Ne parlez absolument que des empêchements que vous aviez et de vos regrets.
»Encore merci et mes bonnes amitiés.
»Si vous voulez, dès que je saurai le résultat du 27, je vous le télégraphierai. Mais n'en dites rien dans votre lettre.»
Je devine, par les expressions qu'Elle me dicte, qu'il a éprouvé un moment de grosse contrariété en recevant les missives qu'Elle m'a fait écrire, et peut-être même qu'il a douté de moi... Et cette pensée m'est bien pénible.
Enfin, ce qui me console, c'est qu'ils ont pris le sage parti de ne venir qu'après le 27: seulement quelques semaines après, j'imagine. Car si vraiment Il était élu à Paris,—ce dont on ne paraìt pas aussi sûr qu'Elle l'est,—les conséquences de sa victoire seraient incalculables, et il lui faudrait tout d'abord s'occuper d'en tirer parti, sans perdre un instant...
Il faudra que je me mette maintenant à combiner ce qu'il convient de faire pour donner un air de vraisemblance à la fable des réparations qui auraient mis leur appartement sens dessus dessous...