Que reste-t-il aujourd'hui du brillant chef militaire d'il y a deux ans ou du formidable chef politique d'il y a quelques mois encore? Rien qu'un vaincu sur lequel s'acharnent les haines.
Il aurait pu devenir le maìtre de la France. Il a mieux aimé rester l'esclave de sa Marguerite. C'est son bonheur. Elle est tout pour lui. Il l'a près de lui, plus rien ne peut le séparer d'elle. Y a-t-il donc tant que cela à le plaindre?
Peut-être pas. Mais, pour sûr, il y a à regretter amèrement...
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
169.—Dimanche 9 février.
Quatre mois écoulés sans qu'ils me donnent signe de vie! Faut-il les accuser d'oubli? Faut-il plutôt soupçonner le cabinet noir de M. Constans? Nous verrons bien: je leur ai expédié cette fois ma lettre dans un gros pli chargé, avec valeur déclarée.
Tout le monde ne s'entretient que de l'escapade imprévue du jeune duc d'Orléans, arrivé avant-hier à Paris pour réclamer sa place parmi les conscrits de cette année et sa part à leur gamelle. Arrêté aussitôt, il est traduit devant le Tribunal correctionnel.
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *