Je lui ai répondu immédiatement,—par lettre chargée, puisque de nouveau mes deux dernières missives ne leur sont pas arrivées en mains... Je lui ai promis de m'employer de toutes mes forces à la propagande qu'ils voulaient bien me confier.

Je n'attends plus que le journal annoncé. Mais je tremble que, dans la situation actuelle, les résultats possibles ne soient en disproportion absolue avec l'effort déployé...


186.—Dimanche 6 juillet.

La Voix du Peuple m'est parvenue. Je m'attendais à un grand journal, ou alors à une sorte de revue, comme il en paraìt tant à Paris une fois par semaine. Quelle déception en recevant cette mince gazette, identique par le format et l'apparence à la plus modeste des feuilles d'intérêt local qui se publient dans nos chefs-lieux de canton!

Je suis désolée. Autant vouloir placer les actions d'une maison de crédit en pleine déconfiture!


187.—Mercredi 16 juillet.

«On nous informe, de Jersey, que l'amie du général Boulanger a été atteinte d'une fluxion de poitrine. L'état de Mme de Bonnemain, après avoir inspiré d'assez vives inquiétudes aux hôtes de Saint-Brelade, est maintenant tout à fait rassurant.»

Quand cet entrefilet m'est tombé sous les yeux, cette après-midi, vite, j'ai écrit au général, le suppliant de me tranquilliser. Je venais justement d'envoyer, ce matin, mes fleurs pour la Sainte-Marguerite.