»Ma bonne Meunière,
»Vous venez de rester bien longtemps sans nouvelles de nous, mais cela n'est pas tout à fait notre faute. J'ai été bien malade tout le mois de juillet, ayant bêtement attrapé une grosse pleurésie. Mais, grâce à Dieu, cela n'était pourtant pas aussi grave que ce que les journaux ont bien voulu dire, et la preuve, c'est que je suis maintenant absolument guérie et même mieux portante que quand nous avons eu le bonheur de vous voir, ma bonne Meunière. Si, ensuite, je ne vous ai pas écrit au mois d'août, c'est que nous avons eu tellement de monde—nous en avons encore beaucoup, du reste...—que, vraiment, je n'ai pas, tout en le regrettant beaucoup, trouvé le temps de vous dire que nous vous aimons toujours bien. Hier, nous avons reçu votre dépêche, et, vous voyez, quoique très prise, très occupée, nous y répondons, car nous vous aimons bien et nous espérons bien vous revoir bientôt.
»Quand finit votre saison? Quand serez-vous libre? Nous pensons que vous pourrez venir nous faire une petite visite vers le 15 octobre. Dans ce bon espoir, nous vous embrassons tous les deux de tout cœur.
»Bien à vous.»
192.—Vendredi 3 octobre.
Le mois de septembre s'est achevé, mais la «lessive boulangiste» ne semble pas vouloir toucher à sa fin. Quelle lessive, bonté divine! De mémoire d'homme, je crois qu'on n'a jamais assisté à pareil entre-croisement de polémiques, de démentis, d'altercations personnelles, de duels, de procès-verbaux, de lettres de témoins, le tout agrémenté de la collection la plus complète qui se puisse imaginer d'outrages de toute espèce. C'est une mêlée générale où se confondent tous les partis.
193.—Lundi 27 octobre.
Mme Marguerite ne m'ayant pas encore répondu au sujet de mon voyage à Saint-Brelade, qu'elle m'avait fait espérer, dans sa dernière lettre, pour le 15 de ce mois, je viens de leur écrire que j'attends leurs ordres.