194.—Mardi 25 novembre.

L'hiver est précoce cette année. Nous avons eu de la neige en masse. Il gèle. Je ne cesse de penser au temps qu'il peut faire là-bas, sur le bord de l'Océan, à Saint-Brelade, et au contre-coup que ces froids peuvent avoir pour la santé de Mme Marguerite. Je viens de leur récrire.


195.—Samedi 6 décembre.

Reçu, enfin, une lettre de Mme Marguerite:

«Mardi 2 décembre.

»Ma bonne meunière,

»Pour sûr, vous devez avoir de la peine de notre silence et croire que nous ne pensons plus à vous... Voilà qui serait mal à vous... Nous vous aimons toujours si bien que nous pensons que vous allez vous arranger pour nous venir bientôt. Je suis sûre que cela vous fera plaisir de revoir le général bien portant, gras, gai et ayant plus de confiance et d'espoir que jamais. Moi, vous me trouverez également beaucoup mieux. J'ai été dernièrement à Paris—une des causes de mon long silence,—et, là, j'ai consulté les plus grands médecins. Ils ont tous déclaré que je n'avais absolument rien qu'une toux nerveuse et que mes poumons étaient très bons. Je tousse encore, mais par quintes. Quand à mon estomac, il est remis et j'ai repris, avec même un peu de maigreur, mes mesures d'autrefois. Vous voudrez voir tout cela bien vite, n'est-ce pas? Bien entendu, si vous nous dites que vous pouvez venir, nous vous renseignerons comme pour les autres fois.

»Une autre raison de mon silence, c'est que nous venons de passer quinze jours à Londres. Vous voyez que je me porte bien pour faire tout cela... Nous y avons fait un très agréable séjour. Nous venons d'avoir un temps très froid ici et beaucoup de neige. Je pense que vous ne devez pas avoir très chaud chez vous. Comment va votre mère? J'espère que sa santé ne vous empêchera pas de venir. Le général et moi nous vous embrassons de bonne amitié.