227.—Mercredi 7 octobre.

Depuis trois jours, depuis que je commence à me relever lentement de la prostration où cet épouvantable malheur m'a jetée, j'ai essayé en vain de tracer une seule ligne. Chaque fois, le désespoir, me débordant du cœur, m'a paralysée.

C'est le 30 septembre, à 11 heures ½ du matin, près de la tombe de Mme Marguerite, que le général s'est tué d'un coup de * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

C'est en vain! Je ne suis pas encore assez forte aujourd'hui.


228.—Samedi 10 octobre.

Depuis que son Amie l'avait quitté, le général ne vivait plus que dans la pensée de la rejoindre. Il se faisait conduire au cimetière tous les jours, à 4 heures, y portait des fleurs et restait longuement en méditation devant le tombeau. Il habitait sa chambre, il couchait dans le lit où elle était morte, et la nuit, pendant les rares instants de sommeil qu'il parvenait à trouver, il lui parlait et il entendait en rêve sa voix qui l'appelait.

Quand la tombe fut complètement achevée, il s'est mis à trier ses papiers, dont il a jeté au feu, tous les jours, une grande quantité. Il a réglé les comptes de tous les fournisseurs, quelques jours avant la fin du mois. Le 29 septembre, il a écrit son testament politique, contenant ces lignes:

«Je me tuerai demain, non pas que je désespère de l'avenir du parti auquel j'ai donné mon nom, mais parce que je ne puis supporter l'affreux malheur qui m'a frappé il y a deux mois et demi. Depuis deux mois et demi, j'ai lutté. J'ai essayé de prendre le dessus. Je n'ai pu y parvenir.