Allons, je n'hésite plus: à la grâce de Dieu!
«Mon général, ai-je répondu non sans peine, car ma voix tremblait beaucoup... Mon général, c'est vraiment un très grand service que vous me demandez... Je n'en aurai pas rendu de plus grand dans la vie... Je vous le rendrai.»
Très ému lui-même, il a serré très fort ma main, qu'il n'avait pas quittée, et il l'a portée à ses lèvres. En même temps, Elle, tout heureuse de mon consentement, m'a embrassée. Puis, me faisant lever, ils m'ont reconduite jusqu'au seuil de la chambre en me répétant: «Merci!»
Je suis allée m'occuper du dìner. Ils l'ont mangé de fort grand appétit, en parfaite gaìté d'esprit. à huit heures du soir, le capitaine Driant est venu les chercher avec une voiture. Ils m'ont fait leurs adieux.
Le général m'a passé autour du poignet une lourde gourmette d'or avec médaille de saint Georges et il m'a embrassée en disant: «Ceci, comme gage de notre amitié.»
Elle m'a embrassée à son tour et m'a dit: «Merci encore d'accepter la garde du petit dauphin, dont je prépare déjà les layettes... Nous savons que, chez vous, il sera en bonnes mains...»
«Ça ne le changera pas!» s'est écrié le général en riant.
«Georges! a-t-elle répondu avec un regard courroucé, je vous défends, une fois pour toutes, de plaisanter un sujet aussi délicat...»
Il lui a baisé les mains, comme pour se faire pardonner. Ils m'ont embrassée encore une fois, et ils sont partis.