Le malheureux! Il me semble qu'il est condamné à payer d'un prix terrible l'amour surhumain qu'il a pour cette femme.
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45.—Jeudi 15 mars.
Je suis partie ce matin de bonne heure pour Riom, et j'y suis restée toute la journée, extrêmement occupée par mes affaires jusqu'après cinq heures. Je m'achemine alors vers la gare pour rentrer à Clermont par l'express de Paris. Comme j'approche, j'entends des crieurs de journaux qui annoncent: «La Révocation du général Boulanger» et je vois tous les passants s'arrêter avec effarement, puis se jeter sur les journaux qu'on leur tend.
La nouvelle occupe en grosses lettres toute la manchette. Le général est révoqué en tant que commandant de corps d'armée et mis en non-activité par retrait d'emploi pour être secrètement venu à Paris, malgré la défense qui lui en avait été faite, le 24 février, le 2 mars et samedi 10 mars dernier.
46.—Vendredi 16 mars.
Le malheureux événement ne quitte pas un seul instant ma pensée. Je me suis inquiétée de savoir quelles pouvaient être exactement ses conséquences et voici ce que les journaux m'ont appris:
«Le général Boulanger se voit enlever les fonctions de commandant de corps d'armée qui lui avaient été confiées, mais il conserve son grade de général de division et reste à la disposition du Ministre de la Guerre.