—Va-t’en si tu veux. Moi, je vais voir.

Elles avancèrent. Deux hommes du moulin, quatre ou cinq commères arrachées à leur baquet, des galopins faisaient cercle autour de quelque chose qui ne semblait qu’un tas sombre et ruisselant. Enfin, l’un des hommes y porta la main, et un corps se dégagea du paquet informe, une figure embroussaillée et des bras mous.

Berthe cria:

—Un noyé!

Et elle se hâta vers le groupe.

Le plus grand des deux hommes, le garde-moulin, heureux de ce public plus considérable qui lui arrivait, se tourna vers elle:

—Il était arrêté là, au râtelier, derrière la première vanne que je m’en allais ouvrir quand je l’ai vu.

—Y a peut-être longtemps? risqua une des laveuses.

L’homme saupoudré, qui connaissait toutes les choses de l’eau, siffla entre ses dents:

—Le courant est trop vif, mais, après tout, on ne sait pas, parce qu’y avait justement beaucoup de charogne à la rivière an’hui, et qu’ tout ça était au râtelier sans qu’on puisse bien voir quoi.