—Oui, oui, il nous a espionnées: au bout de dix ans, si c’est possible! Mais, tout de même. Oh! il sera revenu à Bures, il aura été voir ces Malandain et la femme du greffier. Mais personne ne savait d’où nous venions...

Fanny pensait: «Je ne pouvais pas échapper à mon péché.»

Berthe continua:

—Et qu’est-ce que nous allons faire?

—Faire? répéta Fanny.

—Oui. Puisque ce Félix nous a retrouvées, il fera ce qu’il veut ici en croyant qu’on a peur du scandale.

Fanny baissa la tête. Elle sentait la toute-puissance de cette argumentation. Et ces mots prononcés lui faisaient voir, en effet, le scandale et l’horreur rejaillissante.

—Tu n’as jamais rien à dire! reprit Berthe avec violence. Pourtant, c’est toi qui devrais t’occuper de tout ça! Enfin, as-tu une idée?

Fanny ouvrit les mains. Une idée? Comme si on pouvait avoir une idée à soi dans un pareil désordre d’événements! Alors, Berthe continua avec cet air de sagesse bornée qu’elle avait quand elle étalait ses raisonnements:

—Eh bien, moi, j’en ai déjà une.