—Non, avec moi, avec moi. Nous nous parlons. On est d’accord.
Ecrasée, Fanny ne trouva que les mots qu’elle venait d’entendre:
—On est d’accord?
—Oui. Je croyais que tu l’aurais deviné à nous voir, mais tu ne vois rien, toi.
Elle haletait un peu. Certainement, une grande émotion la secouait. Elle reprit haleine.
—Ah! le monde parle? Eh bien, il a raison. Mais on va le faire taire. On va lui apprendre que je me marie avec Félix. On allait vous le dire à Pâques, mais, puisque c’est comme ça, autant tout de suite.
Elles rejoignirent l’oncle. Maintenant qu’on n’y voyait plus, le parfum des primevères semblait plus fort, plus tangible. Il les enveloppa jusqu’à la maison où elles se retrouvèrent sans que Fanny pût s’en rendre compte.
Et, comme elles allumaient la chandelle dans la cuisine, on entendit rouler la voiture. Alors, Berthe sortit sans rien dire. L’oncle Nathan regarda Fanny.
—Où qu’elle va, ta sœur?
La chandelle vacillante jetait des clartés rougeâtres qui dansaient dans l’ombre de la vaste cuisine. Les durs traits du vieillard semblaient grimacer selon les jeux de la flamme qui argentaient ses bouclettes. Il dit encore: