Il s’embarrassait, se perdait dans le lacis des mots qui se refermait sur lui. Une pause lui redonna son sang-froid. Il continua:

—Vous a-t-on parlé de moi?

Fanny fit oui de la tête.

—Ah! dit-il, c’est ce que je pensais.

Il s’arrêta quelques secondes, comme indécis sur ce qu’il allait dire, puis, avec un geste qui balayait, il reprit:

—Eh bien, tout cela, c’est du passé; j’ai résolu de vivre une nouvelle vie et, pourtant, je n’en trouvais pas le courage. Mais je vous ai vue, j’ai compris que c’était vous qui pouviez m’aider. Mademoiselle, voulez-vous m’épouser?

Fanny ferma les yeux pour savourer son bonheur avant que rien ne s’y mêlât.

C’était ainsi, c’était ainsi! Respectueux, doux et ardent à la fois, la tête découverte et les yeux implorants, toute la force agenouillée devant la faiblesse, voilà comme elle avait toujours rêvé un amoureux. Elle ouvrit les yeux. Il n’avait pas parlé d’amour. Alors elle dit, le visage détourné, avec cette confusion que les femmes savent qu’elles doivent montrer:

—C’est un grand honneur, monsieur, je ne vous dis pas non.

Il se redressa, comme fouetté dans son orgueil. Elle eut peur et étendit la main: