—«Sur la cheminée de la nursery. Vous n’avez qu’à y aller, et demander à Maria...»

Je pris la graisse d’oie et revins me coucher.

—«Mortimer, je regrette tant de vous déranger, mais la chambre est vraiment trop froide pour appliquer le remède. Voulez-vous allumer le feu? Il est préparé. Une allumette, seulement.»

Je me traînai encore hors du lit, j’allumai le feu, puis m’assis inconsolable.

—«Mortimer, ne restez pas là assis, à prendre un rhume mortel. Venez dans le lit.»

Je me levai. Elle dit:—«Attendez un moment. Voulez-vous donner à l’enfant une cuillerée de potion?»

Ainsi fis-je. C’était une potion qui plus ou moins réveillait l’enfant. Ma femme profitait de ces moments pour la frotter avec la graisse d’oie, et l’enduire de partout. Je fus bientôt réendormi, puis réveillé:

—«Mortimer! je sens un courant d’air. Il n’y a rien de plus dangereux dans ces maladies. Mettez, je vous prie, le berceau de l’enfant en face du feu.»

En changeant le berceau de place, j’eus encore une collision avec la descente de lit. Je la pris et la jetai dans le feu. Ma femme sauta du lit, la retira, et nous eûmes quelques mots. Je pus ensuite dormir d’un sommeil insignifiant, puis, dus me lever pour construire un cataplasme de farine de lin. On le plaça sur la poitrine de l’enfant où il fut laissé pour produire son effet calmant.

Un feu de bois n’est pas une chose éternelle. Toutes les vingt minutes, je devais me lever pour entretenir le nôtre; cela donna à ma femme un prétexte à raccourcir de dix minutes les intervalles de la potion. Ce fut pour elle une grande joie. Par-ci, par-là, entre temps, je reconstruisais des cataplasmes, j’appliquais des sinapismes et autres vésicatoires partout où je pouvais trouver une place inoccupée sur l’enfant. Vers le matin, le bois manqua, et ma femme me demanda de descendre au cellier pour en chercher d’autre.