—«Par un coup d’État.»

—«Comment?»

—«Un coup d’État, voici ce que c’est. Tout est prêt d’ailleurs. A un moment donné, comme chef suprême de la nation, je proclame publiquement et solennellement son indépendance, et je la délie de toute obéissance à quelque autre puissance que ce soit.»

—«Cela paraît simple et aisé. Nous pouvons fort bien l’exécuter. Quelle sera la première chose à faire ensuite?»

—«S’emparer de toutes les forces, et des propriétés publiques de toute sorte, promulguer une loi martiale, mettre l’armée et la marine sur le pied de guerre et proclamer l’empire.»

Ce beau programme éblouit ces gens naïfs.

—«Cela est grand, dirent-ils, cela est splendide. Mais l’Angleterre ne résistera-t-elle pas?»

—«Laissez-la faire. Ce rocher est un vrai Gibraltar.»

—«Bien, mais parlons de l’empire. Nous faut-il vraiment un empire, et un empereur?»

—«Ce qu’il vous faut, mes amis, c’est l’unification. Regardez l’Allemagne, l’Italie. Elles ont fait leur unité. Il s’agit de faire notre unité. C’est ce qui rend la vie chère. C’est ce qui constitue le progrès. Il nous faut une armée permanente et une flotte. Des impôts s’ensuivront, naturellement. Tout cela réuni fait la grandeur d’un peuple. L’unification et la grandeur, que pouvez-vous demander de plus? Et bien,—seul un empire peut vous donner tous ces avantages.»