—Abraham convient à l’intéressé.
Mon père fronça du sourcil, ma mère parut heureuse et ma tante dit:
—Quel charmant petit!
Mon père dit:
—Isaac est un bon nom, et Jacob est un bon nom.
Ma mère approuva et dit:
—Il n’y en a pas de meilleurs. Ajoutons Isaac et Jacob à ses noms.
Je dis:
—Très bien. Isaac et Jacob sont assez bien. Passez-moi ce hochet, je vous prie; je ne peux pas sucer du caoutchouc tout le jour.
Personne ne prit note de mes réflexions à ce moment-là, de sorte que je dus le faire moi-même pour ne rien oublier. Loin d’être bien accueillies, comme elles le sont maintenant chez les enfants, mes remarques m’attirèrent une furieuse semonce de mon père, ma mère paraissait peinée et anxieuse et ma tante elle-même avait sur la physionomie une sorte d’inquiétude qui indiquait sa crainte que je ne fusse allé trop loin. Je mordis rageusement mon caoutchouc, laissai tomber le hochet sur la tête du chat, mais ne dis rien. Mon père ajouta: