—Samuel est un excellent nom.
Je vis que cela devenait grave. Il n’y avait plus moyen de rien éviter. Je jetai hors de mon berceau la montre de mon oncle, la gaine de la brosse à habits, le petit chien de son, et toutes les autres petites choses que j’avais l’habitude d’examiner et d’agiter ensemble pour me distraire; je mis mon bonnet, pris mes chaussons d’une main, mon bâton de réglisse de l’autre et sautai sur le plancher. Je me disais: «Maintenant, je suis prêt, arrive que pourra!» Puis j’ajoutai à haute voix:
—Père, je ne puis pas, je ne puis pas souffrir le nom de Samuel.
—Mon fils!
—Père, c’est comme cela! Je ne puis pas.
—Pourquoi?
—Père, j’éprouve une invincible antipathie pour ce nom.
—Mon fils, cela est déraisonnable. Plusieurs grands hommes se sont appelés Samuel.
—Père, je n’en connais point d’exemples.
—Quoi! N’y eut-il pas Samuel le Prophète qui fut grand et bon?