—Oh! ne vous tracassez pas de cela, dit le major, placidement. Ça va bien, allez, ils me connaissent—tout le monde me connaît—je réglerai ça la prochaine fois que je serai à Berlin. Plus vite, cocher, plus vite! Nous n’avons pas de temps à perdre maintenant.

Ils arrivèrent au consulat russe un instant après la fermeture du bureau; le major entra précipitamment. Il n’y avait plus qu’un jeune clerc. Le major passa sa carte et demanda, en russe:

—Voulez-vous avoir la bonté de viser ce passeport pour Saint-Pétersbourg, au nom de ce jeune homme, et aussi rapidement que...

—Pardon, Monsieur, mais je ne suis pas autorisé, et le consul vient de partir.

—Partir, où?

—A la campagne où il demeure.

—Et il reviendra...

—Demain matin.

—Mille tonnerres! oh! bien, dites donc, je suis le major Jackson, il me connaît, tout le monde me connaît. Visez-le vous-même; vous direz au consul que le major Jackson vous a commandé de le faire. Tout ira bien.

Mais ce cas de désobéissance aux lois établies aurait été absolument fatal au jeune employé. Le clerc ne voulut pas se laisser persuader. Il faillit s’évanouir à cette idée.