Marguerite fut touchée et désolée. Elle dit doucement:
—Là, là... Laissez-moi vous prendre dans mes bras. Ne pleurez pas. Mettez votre joue près de la mienne. Consolez-vous. Je veux vivre. Je vivrai, si je peux. Ah! que ferait-elle sans moi? Est-ce qu’elle parle souvent de moi?... Mais je sais bien que oui.
—Oh, constamment... constamment.
—Ma chère petite fille! Elle a écrit son billet tout de suite, en entrant?
—Oui, à l’instant même. Elle n’a pas même attendu d’avoir quitté son chapeau.
—Je le savais bien. C’est bien sa manière affectueuse, tendre et impulsive. Je le savais sans le demander, mais je voulais vous l’entendre dire. La femme adorée le sait, mais elle voudrait que son mari lui redise son amour chaque jour, à tous moments, pour la seule joie de l’entendre... Elle a pris une plume, cette fois, j’aime mieux ça. L’écriture au crayon pouvait s’effacer, et j’en aurais été navrée. Lui avez-vous dit de prendre une plume?
—Oui... non... elle.... C’est elle qui en a eu l’idée.
La mère sourit et dit:
—J’espérais que vous diriez cela. Je n’ai jamais vu une enfant si aimable et prévenante!... Tante Anna!
—Chère Marguerite?