— Ah ! c’est que nous vivons dans des temps merveilleux. Les éléments sont gros de forces inconnues et cela depuis l’origine ; mais nous sommes les premiers à savoir les capter, les utiliser. Voyez-vous, Hawkins, tout a son utilité, rien ne devrait se perdre en ce monde. Prenez le gaz des égouts, par exemple ; jusqu’à présent il n’a pas été employé, personne n’a essayé de s’en servir, personne, vous le savez comme moi, n’est-ce pas ?

— Oui, mais je ne vois pas bien… je me demande pourquoi on…

— Pourquoi on le recueillerait ? Je vais vous le dire. Voyez-vous cette petite invention-là, je l’appelle un décomposeur. Si vous me trouvez une maison produisant par jour une certaine quantité de gaz, je tiens le pari qu’au moyen de mon décomposeur, je lui en ferai donner cent fois plus en moins d’une heure.

— Grand Dieu, pourquoi donc ?

— Pourquoi ? écoutez et vous me comprendrez de suite. Rien ne peut rivaliser avec ce gaz comme éclairage et comme économie ; au fond, il ne coûte pas un centime. Vous avez un gros tuyau de plomb auquel vous adaptez mon décomposeur et le tour est joué. Les tuyaux à gaz ordinaires suffisent ; ils constituent la seule dépense. D’ici à cinq ans, major Hawkins, pas une maison ne sera éclairée différemment. Tous les médecins à qui j’en parle recommandent mon système ; les plombiers en font autant.

— Mais n’est-ce pas très dangereux ?

— Oui, évidemment, mais tout est dangereux, le gaz de houille, les bougies, l’électricité ; ce n’est donc pas là un obstacle.

— Et ce gaz éclaire bien ?

— Oh ! supérieurement.

— Avez-vous fait un essai probant ?