—Descendre et me mettre à votre portée pour que vous me tuiez! Je vous remercie beaucoup de votre invitation!

—Tiens, pensai-je en moi-même, on peut donc tuer les esprits? Dans ce cas je garantis que bientôt il y aura un esprit de moins sur terre. Puis je lui criai:

—Oh! mon ami!

—Permettez, je ne suis pas votre ami, mais bien votre ennemi; je ne suis pas votre égal, mais votre maître; appelez-moi, s’il vous plaît, mon seigneur; je vous trouve trop familier.

—Je n’aime pas ces titres ronflants. Je veux bien vous appeler monsieur, c’est tout ce que je puis faire.

—Nous ne discuterons pas sur cette question: obéissez, c’est tout ce que je vous demande; continuez votre bavardage.

—Eh bien, mon seigneur (puisque seul ce titre vous convient), je vais vous demander combien de temps encore vous resterez visible pour moi.

—Toujours.

Je m’écriai avec indignation:

—Voici qui dépasse la mesure. Vous m’avez espionné, invisible, tous les jours de ma vie, cela suffisait, il me semble. Maintenant je ne souffrirai pas qu’un individu de votre espèce soit cramponné à moi comme mon ombre pour le reste de mes jours. Vous connaissez ma façon de penser, mon seigneur, faites-en votre profit.