Cette jeune fille portait une simple robe de tulle ornée de trois rangs de volants bleu pâle et bordée d’une lisière en forme de chenille; elle avait aux bras un bracelet de corail, une longue chaîne d’or au cou; une touffe de myosotis et de lis égayait ses jolis cheveux dorés.

Elle était divinement belle dans ce simple accoutrement; on devine l’effet éblouissant que devait produire sa beauté lorsqu’elle paraissait au bal ou dans une cérémonie de gala.

Pendant qu’elle causait avec Alonzo, les minutes passaient. Soudain, elle leva les yeux sur la pendule. Une légère rougeur colora ses joues et elle s’écria:

—Maintenant, au revoir, monsieur Fitz Clarence, il faut que je vous quitte.

Elle se leva si précipitamment de sa chaise qu’elle entendit à peine l’adieu du jeune homme. Regardant dans une attitude charmante la pendule qui venait de la rappeler à l’ordre, elle murmura: onze heures cinq minutes! Voilà deux heures qui m’ont paru aussi courtes que vingt minutes. Mon Dieu! que va-t-il penser de moi?

Au même instant Alonzo regardait sa pendule et disait:

—Comment! trois heures moins vingt-cinq! Presque deux heures qui ont passé comme deux minutes. Cette horloge radote encore certainement. Miss Ethelton! encore une seconde, êtes-vous encore là?

—Oui, mais soyez prompt, car il faut que je m’en aille.

—Auriez-vous la bonté de me dire quelle heure il est?

La jeune fille rougit et pensa: «Je le trouve un peu cruel de me poser cette question», puis elle lui répondit sur un ton détaché, admirablement contrefait: