—Oh! Alonzo, personne avant moi n’a connu les douceurs de l’amour; personne après moi ne saura ce qu’est le bonheur véritable. Je nage dans un océan de félicité sous un firmament d’extase.

—Oh! ma chère Rosannah, vous m’appartenez, n’est-ce pas?

—Entièrement, Alonzo: maintenant et pour toujours. Tout le long du jour et pendant mes rêves la nuit, je répète sans cesse ces noms bénis: Alonzo Fitz Clarence, Alonzo Fitz Clarence, Eastport, Etat du Maine.

—Malédiction! j’ai maintenant son adresse! rugit Burley; puis il se retira.

La mère d’Alonzo se tenait derrière son fils; elle était si emmitouflée dans ses fourrures qu’on n’apercevait de sa personne que ses yeux et son nez. Elle représentait bien une allégorie de l’hiver, car elle était littéralement poudrée de neige.

Derrière Rosannah se tenait tante Suzanne: elle représentait une vraie allégorie de l’été, car elle était légèrement vêtue et elle agitait avec frénésie son éventail pour rafraîchir son visage couvert de transpiration. Les yeux de ces deux femmes étaient humectés de larmes de joie.

—Ah! s’écria Mᵐᵉ Fitz Clarence, je comprends maintenant, Alonzo, pourquoi, pendant six semaines, personne ne réussissait à vous faire sortir de votre chambre.

—Ah! s’écria tante Suzanne, ceci m’explique pourquoi, Rosannah, vous avez mené une vie d’ermite pendant ces six dernières semaines.

—Dieu vous bénisse, mon fils, votre bonheur me rend heureuse; venez dans les bras de votre mère, Alonzo.

—Dieu vous bénisse, Rosannah, car vous allez faire le bonheur de mon cher neveu, venez dans mes bras.