—Assez! qu’est-ce qui vous prend?

—Moi, rien! Tous les deux voulaient me persuader de rester...

—Rester où?

—Et le fait est que...

—Où avez-vous été? Pourquoi êtes-vous resté dehors jusqu’à dix heures et demie ce soir?

—Vous allez voir. Après avoir perdu ma lettre de crédit, j’ai...

—Assez de bafouillages! Répondez à mes questions sans détours. Où sont ces caoutchoucs?

—Les caoutchoucs?... A la prison municipale.

Je risquai un sourire placide, mais il se figea sur mes lèvres. L’atmosphère ambiante portait d’ailleurs peu au rire. Et mes amis ne trouvèrent pas drôle du tout que j’aie pu passer trois ou quatre heures au violon. Au fond, cela ne m’avait pas non plus paru si drôle que cela!

Il me fallut tout expliquer après cela, il devint évident qu’on ne pourrait pas prendre le premier train, sous peine de laisser en plan ma lettre de crédit. Je crus que nous allions nous quitter pour aller nous coucher tout à fait brouillés et grincheux, mais heureusement il n’en fut rien, car lorsque mes amis me parlèrent des bagages, je pus leur affirmer que je n’avais pas oublié cette grave question.