Cette déclaration me valut des paroles réconfortantes:

—Vous êtes aussi bon, aussi attentif, intelligent et dévoué que possible.—Allons! qu’il ne soit plus question de nos reproches.—Vous m’en voyez tout honteux.—Tout est très bien, admirablement arrangé.—Encore toutes mes excuses de ce que j’ai pu vous dire de désagréable!...

Ces paroles de paix m’émurent plus profondément que toutes les sottises que j’avais reçues avant; j’en éprouvai quelque gêne, car je ne me sentais pas la conscience si tranquille sur cette affaire de bagages.—Il me semblait bien un peu qu’elle clochait de quelque part, sans pouvoir préciser où; et je préférais ne pas voir agiter cette question pour le moment, trouvant qu’il était bien temps d’aller nous coucher.

Bien entendu, le lendemain, la caravane fit une certaine musique en s’apercevant qu’il devenait impossible de prendre le premier train.

Mais je n’avais pas le loisir de m’attarder, et après avoir subi les premières mesures de l’ouverture, je filai à la recherche de ma lettre de crédit.

Auparavant il me parut prudent d’éclaircir cette histoire de bagages et de la mettre au point, si besoin en était; mais il était trop tard.—Le concierge me dit qu’il avait fait filer les malles sur Zurich dès hier soir.—Je lui demandai comment il avait pu faire cette expédition sans les billets.—Il répondit:

—Ce n’est pas nécessaire en Suisse.—Vous payez pour vos bagages et les envoyez quand il vous plaît.—Rien ne va en franchise que vos bagages de main.

—Combien avez-vous payé pour le tout?

—140 francs.

—28 dollars! Sûrement, il y a quelque erreur dans les malles.