Primo, jamais la bouche de cet homme n’aurait pu contenir ses poumons; son chapeau n’y eût pas suffi.—Secundo, son cœur, se trouvant aux premières loges pour déguerpir, aurait vraisemblablement commencé le mouvement, et, comme il est moins lourd que les poumons, il serait arrivé bon premier pour occuper la place.—Tertio, je mets en principe qu’un homme qui a déjà le cœur dans la bouche, n’y peut plus loger ses poumons; il a largement son compte. Enfin, où diable ce pauvre homme pouvait-il avoir placé la fameuse «matière aspirante»? Dans son chapeau, je pense? Alors, en voyant ce qui allait lui arriver, il l’aurait bien vite ôtée pour s’asseoir dessus, et, dans ce cas, ses poumons ne pouvaient plus l’étouffer! Non, vraiment, je ne saisis pas l’enchaînement de cette histoire.
Paracelse toutefois revient à la charge: «J’ai vu, de mes yeux vu, dit-il, un certain plâtre capable d’aspirer assez d’eau pour en remplir une citerne. Et par ces «matières aspirantes» les branches peuvent être arrachées des arbres, et, chose encore plus surprenante, une vache peut monter dans les airs.»
Aujourd’hui, Paracelse est mort!!!
Dans le bon vieux temps, on aimait assez mêler une pointe de mystère aux remèdes; et les médecins de l’époque, à l’instar des charlatans de nos tribus indiennes, s’y prêtaient de leur mieux.
Je cite, à l’appui, quelques définitions:
«Arcane.—Sorte de remède dont le mode de préparation et la remarquable efficacité sont tenus soigneusement cachés, pour en rehausser la valeur. Les chimistes entendent généralement par là une chose mystérieuse, immatérielle, impérissable, que l’homme ne peut apprécier que par l’expérience; la vertu de chaque chose en effet est mille fois plus efficace que la chose elle-même.»
Pour moi, voici une explication qui manque quelque peu de clarté.
Dans mon Dictionnaire, on trouve encore çà et là des échantillons des connaissances de cet âge primitif en histoire naturelle:
«Araignée.—Se trouve en abondance dans les maisons et y est assez mal vue. L’araignée et la toile d’araignée sont d’un usage courant en médecine. L’araignée, appliquée sur le pouls ou sur la tempe, aurait la propriété de calmer les accès de fièvre; contre la fièvre quarte on recommande tout spécialement de l’employer, renfermée sous une coquille de noisette.
»Parmi les remèdes les plus autorisés, je citerai pour les blessures, l’eau secrétée par l’araignée noire. C’était une des recettes favorites de sir Walter Raleigh.