«L'auteur prévient (p. 2) que l'ouvrage comprend trois genres: le comique, le sentimental, l'érotique. Le comique s'y montre à peine ou pas du tout; le sentiment est forcé, dépourvu de naturel; la portion érotique est de beaucoup la plus importante.

«Nous retrouvons à peu près dans Aline et Valcourt, les mêmes personnages que ceux que présentent Justine et Juliette; le président de Blamont, cruel, dénaturé, adonné à tous les vices, même à l'inceste, Aline, vertueuse, soumise, modeste, toujours persécutée et préférant le suicide à l'horreur de devenir l'épouse d'un vieux libertin; son père exige ce mariage parce qu'il y voit le moyen de s'assurer la possession de sa propre fille; Sophie a les mêmes vertus qu'Aline, et elle souffre également, tandis que Rose et Léonore essentiellement vicieuses, se plongent avec ardeur dans le désordre; Rose prospère, c'est une autre Juliette.

«Mais ici du moins on ne nous fait pas assister aux dégoûtantes, aux sauvages orgies que Sade se plaît à retracer dans Justine et dans Juliette; le libertinage se concentre dans le cercle d'une famille; il est moins révoltant, mais il est d'une pratique plus facile et par conséquent plus dangereux.

«Quérard (France littéraire, viii. 303), avance que l'auteur se peint sous le nom de Valcourt et raconte parfois sa propre histoire; Valcourt n'est toutefois qu'un bien triste héros; il ne cesse de jouer un rôle passif; il ne montre aucune qualité décidée, soit en bien, soit en mal.

«Des extraits d'Aline et Valcourt, ont servi à composer deux romans fort oubliés aujourd'hui: Valmor et Lydia, 1798; Alzonde et Koradin, 1799.»

Une production de Sade, Idée sur les romans, a été réimprimée en 1878, à la librairie Rouveyre (petit in-8, xliii et 50 pages avec une préface sur l'œuvre de Sade).

À la tête une lettre adressée à l'éditeur par un jeune et spirituel écrivain qui, on peut l'affirmer, rendra bien des services à l'histoire littéraire et à l'étude du passé; ce qu'on lui doit déjà est une garantie certaine.

M. Uzanne se félicite «d'avoir trouvé dans la fange sadique, une brochure décente, d'un intérêt indiscutable qui forme le plus étrange contraste avec l'originalité de son auteur. «Il raconte, à l'égard du joli marquis des faits déjà connus pour la plupart; il transcrit page xxiii, le testament daté du 30 janvier 1807 et publié pour la première fois par Janin dans le Livre, 1870, page 291.

Sade formule dans ses dernières volontés que son corps ne soit ouvert sous aucun prétexte et qu'il soit transporté sur sa terre de Malmaison où il sera déposé sans aucune espèce de cérémonie dans le premier taillis fourré qui se trouve à droite.

Après une courte notice biographique. L'éditeur a placé la liste raisonnée des divers ouvrages de Sade, elle se compose de 23 numéros; on y voit figurer, nº 5 la France f-tue, comédie datée du 5796 (1796) et que le catalogue de la bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, nº 3712, attribue au marquis; c'est assez probable mais il existe encore des doutes.