À La Roche-Chalais 30.000 fr.
Le passage de Cubzac 12.000 fr.
Les droits et rentes du Bouilh 6.000 fr.
Les droits et rentes de Tesson 7.000 fr.
Les droits et rentes d'Ambleville 3.000 fr.
Total 58.000 fr.
On pourrait ajouter la maison de Saintes, belle habitation en parfait état d'entretien et dont on aurait pu tirer un loyer de 3.000 francs. L'autorité départementale s'en empara, et quand, au bout de quelques années, on nous la rendit, son état de délabrement était tel qu'elle avait perdu toute sa valeur.
Nous perdîmes aussi le mobilier du château de Tesson. M. de Monconseil le laissa à mon beau-père. Celui-ci l'avait non seulement entretenu, mais considérablement augmenté, car ce château étant dans son commandement du Poitou, Saintonge et pays d'Aunis, il y faisait toutes ses affaires publiques et y recevait beaucoup de monde. Ce mobilier fut vendu en même temps que celui du Bouilh, c'est-à-dire pendant les mois qui s'écoulèrent entre l'époque de la condamnation suivie de l'exécution de mon beau-père et la date du décret qui restitua les biens des condamnés à leurs enfants. On peut dire que c'est pendant cette période de quelques mois que presque tous les mobiliers des châteaux de France ont été vendus. Il faut en excepter les bibliothèques qui, après avoir été transportées dans les chefs-lieux de canton, furent ensuite rendues à leurs propriétaires. Ces ventes ont porté le coup le plus désastreux aux souvenirs de famille. Personne n'a revu la chambre où il était né, ni retrouvé le lit où était mort son père, et il est incontestable que la dispersion soudaine de tous ces souvenirs du toit paternel ont fortement contribué à la démoralisation de la jeune noblesse.
IV
Nous demeurâmes au Bouilh tout l'hiver et une partie du printemps. Vers le mois de juillet 1797, mon mari reconnut la nécessité de se rendre à Paris pour terminer le règlement de ses affaires avec M. de Lameth. Inspirée comme par un pressentiment, je demandai à l'accompagner. Mme de Montesson, toujours pleine de bontés pour moi, me fit proposer par Mme de Valence de loger chez elle à Paris. Personnellement, elle était établie pour l'été à la campagne, dans une maison qu'elle venait d'acheter auprès de Saint-Denis. Les six semaines que nous comptions passer à Paris, avant de revenir au Bouilh pour les vendanges, ne demandaient pas un gros bagage. Nous n'emportâmes donc que le strict nécessaire pour nous et les enfants.