[2] Ce choix, en 3 volumes, publié chez Boulland, contient 233 lettres, souvent très-abrégées.
[3] Le lambel est un filet accompagné de plusieurs pendants, qui se met en forme de brisure dans les armoiries, pour distinguer les branches cadettes de la branche aînée. Madame de Sévigné était le dernier rejeton de la branche aînée des Rabutins.
[4] Fouquet.
[5] Le prince de Conti.
[6] Le prince de Conti était contrefait.
[7] Fouquet, qu'on disait ne point trouver de cruelles, devait moins ses succès aux agréments extérieurs qu'au charme de l'esprit et à l'attrait d'une grande fortune libéralement prodiguée.
[8] Voir le Dictionnaire historique des Précieuses, par le sieur de Somaize.
[9] Mademoiselle de Sévigné avait rempli le personnage d'Omphale dans un ballet de la cour.
[10] Expression de Bussy sur mademoiselle de Sévigné.
[11] Ce qu'on connaît de madame de Grignan par les lettres de sa mère, explique assez cette restriction de la Fontaine. On voit que cette femme, belle, vertueuse, spirituelle et savante, était froide, réservée, et même assez dédaigneuse. Souvent cette froideur attrista et même blessa sa mère, dont l'humeur était fort différente. De là, ces petits démêlés dont on surprend la trace dans les lettres de madame de Sévigné, à la suite des séjours de madame de Grignan à Paris. Il est vrai que tout n'était pas de la faute de madame de Grignan. L'abbé de Vauxcelles a dit fort spirituellement: «En amitié, les torts sont de celui qui aime moins; et les imprudences, de celui qui aime trop.» Madame de Sévigné se rendit quelquefois coupable d'imprudence dans ses rapports avec sa fille, en s'abandonnant sans réserve et sans mesure aux mouvements de son affection pour elle. Les témoignages sans cesse prodigués d'une tendresse aussi vive, aussi ardente, d'un amour maternel qui avait pris tous les caractères d'une passion, risquaient, on le conçoit, de fatiguer ou d'importuner une personne froide, grave, peu expansive. Madame de Sévigné fut toujours sincère, mais ne fut pas toujours assez raisonnable dans son amour. L'excès ne vaut rien, même dans les sentiments les plus légitimes: il peut étonner et froisser l'objet même d'une affection si violente; il peut, aux yeux des autres, donner les apparences de l'exagération ou du mensonge à la tendresse la plus naturelle et la plus pure. Les esprits froids, et même beaucoup d'esprits sévères, s'y méprendront, et calomnieront de bonne foi ce qu'ils ne peuvent comprendre. En vengeant madame de Sévigné de l'outrage que lui font ceux qui l'accusent de renchérir sur ses sentiments et de faire parade d'amour maternel, on aurait pu remarquer que les passions singulières et extrêmes comme la sienne ont un malheur, celui de devenir aisément suspectes d'exagération à beaucoup de gens. Disons aussi que l'amour maternel, quand il déborde ainsi, ne garde pas toujours toute la dignité qui lui convient et qu'il peut conserver même dans la familiarité de l'entretien le plus intime. Madame de Sévigné tombe quelquefois à l'égard de sa fille dans une espèce d'idolâtrie minutieuse, puérile, indiscrète, qu'on ne pardonnerait qu'à l'amour et dont le lecteur, même le mieux disposé, s'étonne, dont il se sent un peu confus pour elle. Il est difficile de ne pas éprouver quelque chose de cette impression, quand on la voit, à soixante ans, prodiguer mille petits soins, mille petites caresses, mille petites flatteries à une fille de quarante, et, après une séparation déjà longue, s'alarmer de tout pour elle, et ne pas lui laisser faire un pas, un mouvement, sans l'accabler de recommandations, d'avertissements, de prières.