L’analogie, ce fil qui nous a été donné pour nous conduire dans le labyrinthe de la Nature, rend, ce me semble, cette opinion très-vraisemblable.
Preuves. 1o. Tous les corps contiennent du Feu, presque tous ont la proprieté de retenir & de rendre la lumiere, & tous deviennent électriques par le frottement, si on en excepte les métaux & les liquides; mais ces corps qui ne deviennent point électriques par eux-mêmes, le deviennent par communication.
2o. Il n’y a point d’électricité sans frottement, & par conséquent sans chaleur.
3o. Presque tous les corps électriques manifestent au-dehors la cause qui les anime, par les étincelles qu’ils jettent, & dont on s’apperçoit dans les ténébres.
4o. Leur lumiere subsiste après que leur électricité est détruite, de même qu’il y a des corps qui donnent de la lumiere sans chaleur.
5o. La gelée & un tems serein, sont plus favorables qu’un grand chaud à l’électricité, comme au miroir ardent.
6o. Le Feu & la matiere électrique ont besoin de l’air pour agir.
7o. Les corps les plus susceptibles de l’électricité, sont les moins propres à la transmettre, de même que les corps réfléchissent d’autant moins de lumiere, qu’ils s’échauffent davantage.
8o. L’humidité détruit l’électricité des corps, sans détruire la lumiere électrique, ainsi que l’eau refroidit les corps, mais n’éteint point les Dails, les Vers luisants, &c.
9o. Les corps homogênes s’empreignent de l’électricité, en raison de leur volume, de même que le Feu se distribuë selon les volumes, & non selon les masses.