— Oui, reprit le docteur, redoublant d’entrain, les arrangements pratiques sont enfin conclus. Les ouvrages d’appropriation vont commencer. En avril au plus tard, les convalescentes, les anémiées trouveront trois maisons de repos en pleine campagne — modestes mais tranquilles — avec des distractions variées, intelligentes et saines.

— Je vais donner mes quilles et mon jeu de tonneau ! s’écria Loys enthousiaste. Et aussi mon croquet !

— Très bien, mon petit homme !… Elles auront aussi une bibliothèque choisie…

— J’offre mes livres de jeunesse, dit Évelyne.

— Parfaitement, ma vieille demoiselle. Vous pourrez y joindre des études et récréations musicales élémentaires, car à Marly nos hospitalisées jouiront d’un piano, Mme Forestier donnant les meubles avec le logis. Enfin, M. de Terroy fera don de boutures et de greffes, afin que nos « Jennys ouvrières » apprennent la culture en chambre. Elles recevront encore chez nous des notions d’enseignement ménager… et de bons conseils.

— Idéal ! murmura Évelyne, les yeux humides et brillants. Oh ! papa, que tout cela est beau et bien !…

Mme Davier branla un front soucieux.

— Soit ! mais combien de tracas et de désillusions j’entrevois pour vous, à travers cet éblouissant programme ! D’abord, trouverez-vous un personnel capable de l’exécuter ?

— Le personnel sera très restreint. Les pensionnaires collaboreront au service de la table, de la cuisine, des dortoirs, du jardin.

— Mais où vous procurer des directrices assez fermes et clairvoyantes pour maintenir, en bon ordre, ce petit monde turbulent ?