— Ta santé surtout et avant tout, Madeleine ! Point de vrai bonheur pour personne de nous trois si tu ne redeviens solide, alerte, enjouée ! Ne pleure pas ! Que te demande-t-on ? Quelques mois de sagesse, de philosophie, pendant lesquels tu te diras : Tous les jours, je travaille pour ceux que j’aime en me guérissant, en me fortifiant ; tous les jours, j’avance vers le but que nous désirons ! Alors, tu t’endormiras chaque soir et tu te réveilleras chaque matin plus contente.
Madeleine étendit ses mains diaphanes.
— Tu as raison ! Je ne veux pas pleurnicher sottement. Nous avons tous besoin de courage. Et je penserai que la séparation eût pu être sans terme !
Longuement, avec un tendre respect, Raymond baisa la joue pâle.
— Tu l’as dit un jour : la vie recommencera ! Et voilà que la Providence nous en offre le moyen. Vivons pour notre fille ! Pour elle, je lutterai ! Pour elle, tu vas t’appliquer à guérir !
— Et soyez bien tranquille à son sujet ! observa le docteur presque gaiement. Évelyne, tout à l’heure, m’a recommandé, avec beaucoup d’importance : « Papa, dis bien à Mme Airvault qu’elle ne se tourmente pas de laisser Raymonde à Saint-Germain ! Je veillerai sur elle ! »
XIII
La collaboration d’Airvault fut acceptée.
Une quinzaine se passa en multiples préparatifs. Le jeune homme dut faire face à une foule d’obligations urgentes. La première de toutes fut de conduire sa chère femme dans l’abri montagnard de haute altitude, choisi par l’entremise du docteur. Un ami de M. Davier avait été traité avec succès à Lézins. Le même établissement reçut Madeleine.
Raymonde accompagna ses parents, afin d’alléger à sa mère la tristesse et la fatigue du voyage. Ainsi la fillette connaîtrait-elle le pays où sa pensée irait retrouver sa maman. Les cimes neigeuses, les glaciers, les pentes vertigineuses couvertes de bois, les vallées alpestres, le grand ciel pur exaltèrent l’enthousiasme de l’adolescente.