— Je souhaite mieux : l’honneur ! Ah ! trouver le damné gredin qui profita de l’inertie de M. de Terroy pour enlever ce maudit coffret, voilà ce qu’il faut me désirer !
Ils se quittèrent sur ces mots, Airvault devant traverser la ville pour prendre la direction de Paris, tandis que le docteur revenait au train de ceinture, qui, par Marly et Saint-Cyr, le ramenait à Versailles.
Une songerie profonde le retint, immobile et morne, près de la portière, indifférent à l’éclatante parure automnale des prairies et des forêts qu’il semblait contempler. La figure crispée de l’homme calomnié se maintenait seule devant ses yeux, effaçant même la douce image d’Évelyne.
Une scène de tendresse et de grâce familière éclaira opportunément les brouillards tristes de son esprit, quand il rentra en son home. Fulvie, assise dans le jardin tiède, embaumé par les héliotropes et les roses, berçait dans ses bras, contre son épaule, l’intraitable Loys, qui, en l’absence de Mary, agité et quinteux, venait de faire une colère.
Mme Davier s’était dépensée en de tels efforts qu’une rougeur de fatigue avivait la pâleur ambrée de son teint.
— Heureusement, sa nurse revient demain ! Je n’en puis plus ! fit-elle, plaintive et rieuse à la fois. Il est aussi méchant que put l’être Duguesclin, ce petit monstre ! Après tout, c’est peut-être ainsi que les héros débutent ! Écoutez, Monsieur, une berceuse que me chantait ma grand’maman :
Son œil le dit : il est fait pour la guerre !
De ses lauriers comme je serai fière !
(C’est vrai ! Vous irez à Saint-Cyr !)
Il est soldat, le voilà général !