Évelyne, brusquement, fondit en larmes. Raymonde, déconcertée, arrêta net son dithyrambe.
— Que te prend-il, Lynette ?
Insensiblement, les deux amies s’étaient écartées des écolières qui, dans l’espace découvert, couraient et sautaient pour se réchauffer. L’œil vigilant de Mlle Duluc découvrit, entre les massifs, la fillette en larmes. Promptement, la maîtresse inquiète accourut :
— Évelyne, ma petite enfant ! vous êtes-vous fait mal ? Qu’est-ce qui vous chagrine ?
Elle rapprochait tout contre elle la jeune affligée, et considérant Raymonde avec une certaine sévérité :
— Est-ce Airvault qui vous a peinée ?
Mlle Duluc sentit contre sa poitrine le grelottement du petit cœur éperdu. Incapable encore de répondre, Évelyne dégagea son bras et saisit à l’aveuglette la main de son amie.
— Non ! Non ! Airvault ne saurait me faire de peine volontairement. Mais elle m’en fera beaucoup, néanmoins… quand elle s’en ira. Tout à coup, l’idée de ce jour… joyeux pour elle, triste pour moi, s’est présentée. Et cela m’a été cruel.
Ton son corps trembla dans un long frémissement. Mlle Duluc resserra son étreinte.
— Sensitive ! Nous n’en sommes pas là ! Ne souffrons jamais d’avance. A chaque jour suffit sa peine.