Saisie de pitié, l’institutrice, tout naturellement, songeait à la protection qui s’était maintes fois manifestée en faveur de l’enfant, et qui, certainement, saurait guider la veuve à travers les difficultés de la situation.
— Êtes-vous allée à Versailles prendre conseil du docteur Davier ?
— Non ! Je suis venue ici tout droit en quittant Paris.
— Voulez-vous que je téléphone ? Peut-être le docteur se trouve-t-il chez lui ! En tout cas, nous saurons à quelle heure il pourrait vous recevoir, ce soir ou demain, afin de ménager vos pas et vos forces.
— Oh ! que de reconnaissance, Mademoiselle ! Merci ! Je n’ai plus une idée !
Mlle Duluc décrocha le récepteur et demanda la communication :
— Pour Versailles ? Dix minutes au moins d’attente.
— Bien !
L’institutrice était demeurée en tiers aux premières minutes de la visite — craignant, pour la mère et la fille, une émotion trop violente : elle se tenait ainsi prête à les secourir, tout en les assistant de sa muette sympathie. Maintenant elle pensa qu’il serait discret de les laisser seules. Mais comme elle faisait mine de sortir, Mme Airvault, d’un geste effrayé, la retint par sa robe :
— Oh ! restez, Mademoiselle, je vous en prie ! Je n’ai pas l’habitude du téléphone ! Et puis, la voix si faible, les oreilles bourdonnantes, je suis incapable de me faire comprendre et d’entendre moi-même.