Et comme pour répliquer à une objection qui ne lui était pas adressée, humblement, Madeleine ajoutait :
— Ce qui me tente le plus, ce serait de demeurer à proximité de ma chérie. Je ne suis plus dangereuse… Le docteur du sanatorium me recommande seulement d’accroître ma force de résistance. Hélas !
Le téléphone impérieusement lui coupa la parole. Mlle Duluc se précipita vers l’appareil. Et aussitôt son visage s’éclaira.
— Oh ! docteur, que vous êtes bon !… Merci, merci !… Oui, oui, elle va vous attendre ici ! A tout à l’heure !
— Vous avez compris, Mme Airvault ? fit-elle, la communication achevée. Le docteur Davier, arrivé tout de suite après mon appel, remonte en auto et dans quelques instants, vous le verrez ! En attendant, il est nécessaire que vous preniez quelque réconfort, ne bougez pas. Je vais vous faire apporter ici quelques aliments.
Du lait, des œufs, des confitures et des biscuits furent déposés devant Madeleine. La légère collation n’était pas achevée que le docteur Davier paraissait dans le petit salon.
Raymonde courut vers lui. Il frôla ses cheveux d’une caresse et tendit la main à la veuve qui, suffoquée d’émotion, essayait vainement d’articuler une parole.
Mlle Duluc entraîna son élève.
— Votre présence redoublerait l’attendrissement de votre mère. Laissez-la s’expliquer librement avec son médecin — dont le temps, d’ailleurs, est si limité.
Madeleine recommença son récit douloureux. Cette fois, ainsi que l’avait intelligemment supposé l’institutrice, elle vidait tout son cœur, en laissant sortir non seulement les regrets, mais les appréhensions et les effrois.