Ie l’ay sans le quitter à toute heure suiuy,
Donnant ma liberté ie me suis asserui,
En publiq’, à l’Eglise, à la chambre, à la table…
Brossette a supposé que le prélat en question était le cardinal de Joyeuse, sans se préoccuper de justifier cette hypothèse, & il a ajouté que Regnier avait, à la suite de ce personnage, fait le voyage d’Italie en 1583, c’est-à-dire à l’âge de dix ans. Un passage de la correspondance de du Perron confirme la première de ces deux suppositions[11].
[11] Lors que i’eu le bien de vous voir chez le Roy, où ie m’estois emancipé d’aller ce iour-là, pour prendre congé de Sa Majesté & me venir acheuer de guerir en ce lieu de Condé[12] ; il y auoit trois semaines que ie n’auois abandonné le lict, comme le sieur Regnier, qui m’y vint voir, & lequel ie priay de vous faire mes excuses, de ce que ie ne vous pouuois aller baiser les mains, le vous pourra temoigner.
De Condé, ce 9 novembre 1602.
Les Ambassades & Negociations de l’Illustriss. & Reverendiss. Cardinal du Perron. Paris, Ant. Estienne, 1623, p. 104.
[12] Condé-sur-Iton près Évreux, où les évêques de ce diocèse avaient un château qui leur servait de résidence d’été.
La seconde hypothèse relative à l’époque du voyage d’Italie soulève quelques difficultés. C’est en 1583 que François de Joyeuse, archevêque de Narbonne & âgé de vingt & un ans, partit pour Rome avec le duc, son frère, pour solliciter le chapeau de cardinal. Regnier venait de recevoir la tonsure, mais c’était encore un enfant. Il est improbable qu’il ait de si bonne heure quitté sa famille. Quelques bibliographes ont vu dans 1583 une date mal lue & ils ont proposé 1593, qui coïncide avec un nouveau départ du cardinal de Joyeuse pour l’Italie. Cette dernière époque ne peut être exacte. Elle est contredite par l’affirmation même du poëte :
C’est donc pourquoi si jeune…