Or moy qui suis tout flame & de nuit & de iour,
Qui n’haleine que feu, ne respire qu’amour,
Ie me laisse emporter à mes flames communes,
Et cours sous diuers vens de diuerses fortunes,
Rauy de tous obiects, i’ayme si viuement,
Que ie n’ay pour l’amour ny chois, ny iugement :
De toute election, mon ame est depourueuë,
Et nul obiect certain ne limite ma veuë.
Toute femme m’agrée, & les perfections
Du corps ou de l’esprit troublent mes passions.