[63] Faire barbe de paille à Dieu. Voir H. Estienne, Precellence du Langage françois, Paris, 1579, & Bouchet, Serée 35, Paris, 1597.
[64] Les Espagnols disent en effet : « Corsario à corsario, no hay que ganar que los barillos d’agua. » De corsaire à corsaire, il n’y a rien à gagner que des barils d’eau. Il s’agit ici des barils d’eau douce que les corsaires emportaient à leur bord & qui constituaient la plus précieuse partie de leur fret.
V. Brantôme, éd. Jannet, II, 52.
Pour simplifier ce proverbe, Regnier a supprimé les expressions à éclaircir & il nous a laissé le dicton :
Corsaires à corsaires
L’un l’autre s’attaquant ne font pas leurs affaires.
[65] Precellence du Lang. fr. Éd. cit., p. 146.
[66] Reveille matin des François, 1574. Dial. II, p. 134.
[67] V. le Recueil des sentences notables, &c., de Gabriel Murier. Anvers, 1568, in-12.
Mais ce n’est pas dans ces imitations que se trouve l’originalité véritable de Regnier & la marque de son génie. Personne n’attend ici des extraits qui, pour être complets, occuperaient des pages entières. Nous examinons la langue du maître, nous sondons le terre-plein des mots pour y découvrir le pur métal &, si l’on peut dire, l’or de la pensée. A chaque pas l’étincelle jaillit du sol & la lumière s’élève en nous montrant les visions du poëte :