[83] La correspondance du président Bouhier (manus. de la Bibl. nat. F. fr., 24,409, fo 391 à 395) contient quatre lettres de La Monnoye des 15 septembre 1726, 7 octobre 1729, 16 septembre & 2 décembre 1732. Toutes sont relatives à l’édition de Regnier, & à la contrefaçon de cet ouvrage par l’abbé Lenglet du Fresnoy. Je dois cette intéressante indication à l’obligeance de M. Tamizey de Larroque.

[84] Chez Lyon & Woodman, in-4o, XXII-403, plus trois feuillets de table & d’errata.

Dans ce volume, les poésies de Regnier étaient disposées suivant un ordre méthodique : satires, épîtres, élégies, poésies mêlées, épigrammes & poésies spirituelles. Le texte, corrigé à l’aide de l’édition de 1608, était accompagné d’éclaircissements historiques & de notes où les variantes & les imitations étaient indiquées avec soin. Sur certains points cependant, Brossette se contente trop facilement[85]. Il paraît n’avoir point connu l’édition de 1609, & il recueille des leçons de peu de valeur dans des réimpressions qui ne méritent aucun crédit[86].

[85] Quoique Brossette n’intervienne pas habituellement dans le texte de l’auteur, il a pris sur lui de modifier le vers

Et faisant des mouuans & de l’ame saisie.

Le commentateur pensait que mouvans était une faute d’impression, & qu’il fallait écrire mourans. Or le mot employé par Regnier était bien l’expression à conserver. On en retrouve l’équivalent chez tous les poëtes qui mettent dans la bouche d’une vieille des critiques contre les amoureux dont une courtisane doit fuir le commerce :

Ces prodigues de gambades

Qui ne donnent que des aubades.

(J. du Bellay, éd. Marty-Laveaux, II, 370.)

On ne doit aux termes où nous sommes