—Nous dansions de la même façon, mes sœurs et moi, à Possenhoffen, bien que nous ne fussions pas des grecques.

.... Une fois, M. Christomanos lui lisait Peer Gynt. Ils arrivèrent au couplet de Solweig:

Maintenant tout est prêt pour la Pentecôte,

Cher garçon, toujours loin,

Quand viendras-tu?...

—Je veux attendre, attendre,

Si long que ce soit encore.

—Pourquoi l’attendre? dit l’impératrice. Peut-être n’était-il pas celui qu’elle devait aimer et pour qui elle était née. On se trompe si souvent dans ses jeunes années. Et l’on veut faire soi-même sa destinée!... Il se peut bien que le véritable élu l’attendait, lui aussi.

Il y a quelque chose encore à noter dans le soin qu’elle mettait à prémunir son jeune lecteur contre les intrigues de la cour: «Ces gens-là, disait-elle, se nourrissent tous les jours de faisans et de perdrix, mais une heure sans cancans les ferait mourir.» Elle ajoutait: «Ah! oui, certainement, on est très dévoué à l’impératrice. Mais chaque salut a son but, chaque sourire veut être payé... Peut-être même je dois remercier Dieu d’être impératrice, autrement cela tournerait mal pour moi.»

Et montrant une petite chambre dont les murs étaient littéralement couverts de portraits de chevaux, elle les commentait ainsi: