—S'il te plaît de nous déposséder, je dis oui à tous tes caprices.

—N'accuse pas mes caprices, mais la nécessité.

—Qu'exige donc la nécessité? Où veulent en venir tes pensées secrètes?

—Je n'ai pour toi aucune pensée secrète. Si nous restons ici, le mieux qui puisse arriver est que tu entres dans le lit de quelqu'un des vainqueurs, et que moi je voie cela.

—Tu ne me verras jamais qu'avec un cœur fidèle.

—Fuyons donc à Damas. Le plus sûr est de hasarder cette fuite.

—Je ne pourrai pas parvenir jusqu'à Damas.

—Tu seras l'étoile du désir qui guide la caravane.

—Et là-bas je ne serai plus une reine.

—Partage ma fortune, embellis mon destin, sois l'arc-en-ciel de nos jours orageux, et je nous prophétise un avenir royal. De quel air absent tu m'écoutes! Je te prends dans mes bras; laisse-moi rencontrer ton regard, et accueille dans ton cœur défiant la chaleur de mon espérance. Ne te sens-tu pas pénétrée par la force, l'élan et la surabondance de ma certitude? Ton sourire, l'accent de ta voix suffiront pour écarter les mauvaises chances. Sois maintenant toute à moi, ne te laisse pas aller à d'autres pensées.