VI
PERDICAN
Perdican est un fragment de drame lyrique, composé peu de temps avant On ne badine pas avec l'amour. Une seule scène est écrite.
Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père, tué dans un récent combat; un chevalier vient essayer d'enlever à son inaction le fils de son ancien compagnon d'armes. Perdican résiste; d'autres chevaliers surviennent:
Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,
Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau
Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;
L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu!
Laisse là s'élargir cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!
Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...
Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste indécis.
Plusieurs vers de Perdican se retrouvent dans la Nuit de Mai.
VII
CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE
Cette Confession d'un Enfant de l'autre Siècle, composée en mai 1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec la Confession d'un Enfant du Siècle. C'est une sorte de préface, dans laquelle Alfred de Musset s'excuse presque de faire encore des vers, et demande l'indulgence de ses amis: