[A droite, au fond de la pièce, en leurs deux petits lits, Tyltyl et Mytyl sont profondément endormis.—La Chatte, le Chien et les Objets sont à la place qu'ils occupaient au premier tableau, avant l'arrivée de la Fée.—Entre la Mère Tyl.]
LA MÈRE TYL, [d'une voix allègrement grondeuse.]
Debout, voyons, debout! les petits paresseux!... Vous n'avez donc pas honte?... Huit heures sont sonnées, le soleil est déjà plus haut que la forêt!... Dieu! qu'ils dorment, qu'ils dorment!... [Elle se penche et embrasse les enfants.] Ils sont tout roses.... Tyltyl sent la lavande et Mytyl le muguet.... [Les embrassant encore.] Que c'est bon les enfants!... Ils ne peuvent pourtant pas dormir jusqu'à midi.... On ne peut pas en faire des paresseux.... Et puis, je me suis laissée dire que ce n'est pas trop bon pour la santé.... [Secouant doucement Tyltyl.] Allons, allons, Tyltyl....
TYLTYL, [s'éveillant.]
Quoi?... La Lumière?... Où est-elle? Non, non, ne t'en vas pas....
LA MÈRE TYL
La Lumière?... mais bien sûr qu'elle est là.... Il y a déjà pas mal de temps.... Il fait aussi clair qu'à midi, bien que les volets soient fermés.... Attends un peu que je les ouvre.... [Elle pousse les volets, l'aveuglante clarté du grand jour envahit la pièce.] Là, voilà!... Qu'est-ce que t'as?... T'as l'air tout aveuglé...
TYLTYL, [se frottant les yeux.]
Maman, maman!... C'est toi!...