Résiste aux ruses de ton amie qui n’aspire qu’à voir réunis autour d’elle deux êtres qui lui sont chers pour des raisons différentes et dont le rapprochement lui permettrait de développer son génie de tromper.

Le mari est un compagnon qui abuse de son autorité. Il emploierait souvent pour parler à sa femme des termes qui te choqueraient et tu ne pourrais intervenir sans que cette intervention soit déplacée.

Il ne manquerait pas de dire, quand vous auriez passé une soirée ensemble : « Allons nous coucher ! » avec un geste tendre et familier pour prendre le bras de ta maîtresse et tu sentirais peut-être dans ce geste une affectation victorieuse. Tu serais assez lâche pour les accompagner jusqu’à leur porte et une solitude épouvantable pèserait alors sur toi.

Profite du lit, étends-toi sur les coussins, foule le tapis, paie l’employé, mais ne demande pas à voir Dufayel.

LA CONFIANCE EN SOI

La confiance en soi est comme l’inspiration du poète. C’est le don d’une matinée où l’on s’éveille de bonne humeur après avoir bien dormi.

L’on songe immédiatement que l’on a, en somme, une situation importante que beaucoup de gens doivent envier, que l’on se porte bien, que l’on a un physique suffisant et une intelligence plus grande que celle de tous les gens que l’on connaît.

L’on sort dans la rue et l’on remarque tout de suite et sans étonnement que les femmes qui passent vous regardent avec sympathie.

L’on peut avec la presque certitude de la victoire se livrer à des démarches qui seraient à tout autre moment prématurées ou dangereuses.

Il n’est pas essentiel ce jour-là d’avoir mis le costume qui va le mieux, ni même d’être rasé de frais. La confiance en soi supplée à ces apprêts qui ne sont absolument nécessaires que les jours où manque la confiance en soi.